
Le Centre Perelman de Philosophie du Droit bénéficie, de longue date du soutien financier du FRS-FNRS dont il est d’ailleurs reconnu en tant que « Laboratoire d’excellence ».
Ce soutien s’exprime, entre autres, par le financement de plusieurs chercheurs du Centre, de nombreuses activités scientifiques et d’un programme de recherche interdisciplinaire et interuniversitaire (ULB, FUSL, ULg) dont le thème est : « La mondialisation de la justice : comparaison, interaction, traduction ».
Dans un contexte mondialisé, le droit et la justice changent aujourd’hui d’échelle : les actions devant les juridictions internationales se multiplient, de nouvelles procédures de coopération sont créées, de nouveaux modes de règlement des conflits apparaissent, et les tribunaux internes interprètent de plus en plus le droit à la lumière de normes internationales ou de normes étrangères.
On ne peut comprendre et analyser ces phénomènes qu’en procédant à une profonde réforme de la pensée, qui doit se dégager des présupposés classiques de la philosophie politique et juridique. Il faut notamment admettre que l’Etat national n’est plus le foyer unique du droit, que le modèle de la pyramide des normes n’est plus en mesure de rendre compte du fonctionnement de la justice et que les frontières qui balisaient la philosophie du droit sont pour l’essentiel brouillées, en particulier la frontière entre le national et l’international.
Toutefois, la mondialisation du droit ne débouche pas pour l’instant sur un droit global et unique, mais modifie surtout les relations entre les droits et les différentes formes de justice (ainsi qu’entre les cultures et les modes de vie qui les soutiennent). Les trois paradigmes que développera la recherche pour lire la mondialisation de la justice proposent trois niveaux pour interpréter ces relations : la comparaison des différents systèmes juridiques, que la mondialisation impose (I), l’interaction des droits et des jurisprudences, qui découle de l’intensification des échanges au niveau mondial (II), et la traduction des langues et des cultures, que l’articulation de ces droits requiert (III).