Théorie du droit et phénoménologie du droit. Jalons d’une réception critique au XXe siècle

jeudi 5 février 2015 par Benoît Kanabus

In : Revue de la Recherche juridique - Cahiers de Méthodologie du Droit, 29/5, 2015, p. 2171-2188.

Il existe des provinces particulièrement réfractaires au retour aux choses elles-mêmes ; la province « Droit » en constitue un exemple typique 1. La tentative de renouveler l’approche philosophique du droit au XX e siè-cle grâce à la méthode phénoménologique est un constat d’échec signé par la quasi-totalité des théoriciens du droit. Il l’est avec d’autant plus d’assurance que cette tentation est déjà vieille d’un siècle puisqu’elle remonte à Husserl en per-sonne. Notre objectif est de retracer ici les jalons de la réception en théorie du droit des essais de phénoménologie du droit, en prenant pour ligne directrice non pas d’en rendre les subtilités internes, mais de viser à chaque fois ce qui a été la pierre d’achoppement pour les théoriciens du droit qui les ont pris en considération. Premièrement, nous rappellerons comment l’arrivée de la phéno-ménologie via de jeunes auteurs allemands a été perçue comme une promesse ou plutôt, si l’on prend déjà le parti des juristes, comme une fausse promesse. Deuxièmement, nous nous arrêterons sur le dénuement, pour ne pas dire la superficialité de la phénoménologie française face à la question du droit. Troisièmement, nous ferons état du discrédit généralisé qui a fini par effacer chez les théoriciens du droit ‒ et même chez beaucoup de philosophes du droit ‒ jusqu’au souvenir de la phénoménologie.


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