Marx, justice et jurisprudence - une lecture des “ Vols de bois

lundi 1er avril 2002 par Mikhail Dorel Xifaras

Revue Française d’Histoire des Idées Politiques, 15, avril 2002

Cet article cherche à présenter les jalons d’une science du droit qui puisse, tout en satisfaisant aux exigences internes de la discipline, prétendre être vraiment philosophique, c’est-à-dire à la fois rationnelle et critique. Dans la série d’articles connus sous le nom de “ vols de bois ”, Marx aborde le droit dans son empiricité, à l’occasion de la promulgation par la Diète Rhénane d’une loi qualifiant le ramassage de brindilles, jusque là considéré comme un droit d’usage, de vol. La démonstration de Marx est logiquement fort complexe, puisqu’elle procède d’une part à la réfutation de la conception moderne de la propriété telle que la défend Hegel par la défense des propriétés coutumières, notion empruntée à l’école historique. Mais, contre l’École historique, Marx trie parmi les propriétés coutumières celles qui sont rationnelles, parce qu’elles appartiennent aux pauvres. Il donne ainsi à voir une langue du droit universelle qui n’est pas insue de la tradition romaine, celle des droits populaires. Surtout, cette critique permet d’associer à une institution de droit donnée (la propriété) une pluralité de concepts juridiques, et ce faisant, de réintroduire une contradiction politique au cœur de l’élément technique du droit.


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