L’imaginaire en droit

lundi 3 octobre 2011 par Gilles Darcy , Mathieu Doat

Cet ouvrage collectif interroge la place et la fonction de l’imaginaire en droit à travers des questions générales comme la manipulation des images ou la part de la rêverie dans la production juridique, toile d’araignée qui met en rapport les mots.

Cet ouvrage est issu d’un colloque qui s’est déroulé à Paris (au Sénat) en janvier 2008. Il a été dirigé par les professeurs Gilles Darcy et Mathieu Doat, avec le soutien du Centre de Recherches Administratives de l’université de Brest et le Centre d’étude et de Recherches Administratives et Politiques de l’université de Paris 13 (Paris-Nord).

Cet ouvrage cherche à mieux saisir les relations complexes entre le droit et l’imaginaire. En effet, le droit moderne est tout entier placé sous le signe de la raison. L’imaginaire en semble exclu. Il est abandonné à l’art, aux poètes et aux peintres. L’image est suspecte. Elle est fiction ou rêverie. Aujourd’hui, le dépassement sinon la fin de l’ère moderne, par l’inflation des normes, la flexibilité des règles, la complexité des systèmes juridiques ont sous nos yeux des conséquences sur la manière dont on se représente le droit. Cette transformation du droit oblige à tâtonner parfois, à imaginer aussi, voire à rêver de nouvelles formes juridiques. Elle révèle en fait la part toujours présente de l’imaginaire dans le droit. C’est cette place et cette fonction de l’imaginaire en droit que cet ouvrage collectif interroge à travers quatre questions très générales qui constitueront les parties du livre.

Quelle est l’importance de la manipulation des images en droit ? La pensée juridique classique a pour constante tradition de dévaluer l’image. Pourtant, l’image est partout. Elle sert notre représentation de la justice ; elle permet de rêver un droit meilleur. Se faisant séductrice, elle infiltre la plupart des concepts juridiques, cachant parfois l’idéologie. L’importance de la manipulation n’inquiète pas toujours. Elle est cependant présente.

Quelle part l’imagination et la rêverie prennent-elles dans la production du droit et du savoir juridique ? L’imagination permet la création, l’invention des normes, des solutions juridiques et des théories. Elle déforme aussi les idées. Elle inspire le juge et transforme les textes.

Comment l’imaginaire sert-il à fonder la puissance et la magie du droit ? C’est la force et la puissance de l’image et de ses montages qu’il faut essayer ici de saisir. L’imaginaire fonde, bâtit, justifie, motive, légitime le système juridique.

Qu’est-ce que connaître le droit quand il n’y a de connaissance que dans l’espace de la fiction ? Le droit ne peut se passer de l’imaginaire. C’est une toile d’araignée qui met en rapport des mots. Les effets pervers sont multiples d’autant plus qu’on assiste à une explosion de la production juridique.


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