L’humanité, un concept juridique sans précédents ?

mercredi 1er janvier 2003 par Julie Allard

Le droit saisi par le collectif (T. Berns éd.), à paraître en 2003
Bruylant

L’humanité intervient de plus en plus dans le champ du droit, notamment à travers les notions de crime contre l’humanité et de patrimoine commun de l’humanité. Mais quel est le statut de ce concept ? Comment a-t-il été inventé ? Cet article tente de cerner la généalogie du concept juridique d’humanité en partant des événements singuliers qui l’ont fait naître au 20ème siècle. Avec les ressources du cosmopolitisme et de la théorie du jugement kantiens, l’auteur propose de lire l’humanité comme une idée régulatrice, avec deux conséquences. D’une part, ce sont des juges qui ont inventé l’humanité juridique pour combler l’abîme qui sépare le droit, inévitablement lacunaire, et les actes dépassant l’entendement dont il fallait juger après la seconde guerre mondiale. D’autre part, la reconnaissance de l’humanité comme sujet de droit participe au processus de construction d’une société cosmopolitique dont le fondement n’est ni un territoire ni une essence de l’homme, mais la possibilité, pour tous les hommes, d’exercer leur faculté de juger. L’idée d’humanité, y compris telle qu’elle est à l’œuvre dans le droit, ne relèverait ainsi pas de catégories ontologiques mais d’une orientation de la pensée depuis le singulier vers l’universel.


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