“L’École de l’Exégèse était-elle historique ? Le cas de Raymond-Théodore Troplong (1796-1869), lecteur de Friedrich Carl von Savigny

mercredi 1er janvier 2003 par Mikhail Dorel Xifaras

Heinz Mohnhaupt & Jean-François Kervégan (eds.) Wechselseitige Beeinflußungen und Rezeptionen von Recht und Philosophie in Frankreich und Deutschland, 140, 2003
Klostermann Frankfurt/main

Les conceptualisations modernes de la propriété sont nées des élaborations de la pensée juridique de la première moitié du XIXe siècle. Pourtant, pour ce qui concerne la France, on garde des premiers commentateurs l’image d’auteurs politiquement serviles et scientifiquements stérile, qu’on regroupe sous le nom d’ “ École de l’exégèse ”, et ainsi livré à l’oubli. Le désintérêt pour ces auteurs tient pour beaucoup à la postérité des travaux de Bonnecase (Bonnecase, L’École de l’Exégèse en Droit civil,1924). De faible intérêt scientifique, les ouvrages de Bonnecase sont largement orientés par le désir de présenter la doctrine de la seconde moitié du XIXe siècle sous le meilleur des jours, ils restent cependant encore aujourd’hui la référence principale de la doctrine. Une révision de ce récit convenu s’imposait, c’est ce qu’entreprend cet auteur en montrant qu’un des principaux juriste de l’époque, Raymond-Théodore Troplong, défend une conception du droit qui fait une très large place à l’étude de la philosophie et de l’histoire, qu’il connaît et discute, Savigny, le fondateur de l’École historique du droit allemande et qu’il défend des positions voisines mais distinctes qui atteste de l’existence et de la fécondité d’une École historique du droit française dont l’influence est loin d’être marginale. Il devient ainsi non seulement possible, mais nécessaire de découvrir ce continent oublié, où notre droit moderne trouve son origine.


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