8 mai 2008

Antoinette ROUVROY présente : “Des technologies normatives à l’ère de l’intelligence ambiante" :

Dans le cadre du séminaire du pôle d’éthique de l’Université libre de Bruxelles, Antoinette ROUVROY, chercheuse au centre de recherche informatique et droit de l’université de Namur, donnera une conférence intitulée :

“Des technologies normatives à l’ère de l’intelligence ambiante :
quelques enjeux pour le droit et l’éthique de la communication et de l’information.”

Le séminaire est organisé dans le cadre du cours “Ethique de l’information et de la communication” (Thomas Berns) du Master en éthique de la Faculté de philosophie et lettres (www.master-ethique.eu) en collaboration avec le Centre Perelman de Philosophie du Droit (www.philodroit.be).


Lieu : ULB, Campus du Solbosch, Bâtiment U, Porte B, local UB4.151.

Date : Le jeudi 08 mai 2008 de 16h00 à 18h00.

Informations : tberns chez ulb.ac.be


Résumé

Sous la double impulsion du développement des technologies de l’information, de la communication et de la réseautique d’une part et des mutations contemporaines des modes de gouvernance d’autre part, la ’société de l’information’ est entrée dans une nouvelle phase de développement. En témoignent une série de phénomènes, tels que la naissance d’espaces virtuels entretenant avec l’espace physique des relations évolutives très particulières, l’intensification du recueil, de la conservation, et de l’utilisation de l’information personnelle par les bureaucraties tant privées que publiques à des fins de prévention de l’insécurité et d’augmentation de l’efficacité, une transformation corrélative du ’statut’ de l’information personnelle assimilée, en raison de la valeur définitionnelle des identités et prédictive des comportements qui lui est attribuée, à une « ressource » fondamentale, tant pour les individus dont émanent ces informations personnelles que pour les institutions qui les utilisent ;... L’exposé aura pour objectif de tenter de prendre la mesure des enjeux éthiques et juridiques de ces transformations.

Une première partie sera consacrée à la présentation des innovations technologiques concernées. Il s’agira notamment des puces RFID (Radio Frequency Identification Devices), minuscules émetteurs d’informations lisibles à distance (wireless), intégrés aux marchandises et aux objets du quotidien, éventuellement implantées dans le corps des individus, et qui permettraient l’avènement d’un « internet des objets », et facilitant la géo-localisation ; des systèmes de vidéosurveillance intelligente ; de la télévision numérique interactive ; de l’ « ubiquitous » et de l’« autonomic computing »...autant de technologies susceptibles de reconfigurer l’expérience humaine.

Ces dispositifs technologiques n’émergent pas dans le vide : une seconde partie de l’exposé visera à identifier les impulsions politiques, notamment en provenance de la Commission européenne, sous-tendant le développement et encourageant la convergence de ces technologies dans une perspective d’ “intelligence ambiente”.

Enfin, la troisième partie de l’exposé sera consacrée à la mise en discussion de quelques uns des défis que posent les “environnements intelligents” pour le droit. J’envisagerai notamment les questions suivantes :
- Peut-on encore parler d’individu autonome, souverain et responsable lorsque l’environnement devient "intelligent" et que l’intentionnalité ne paraît plus être le monopole de l’individu humain mais est, de plus en plus, "distribuée" dans des dispositifs réseautiques hybrides ?
- Quel contrôle de légitimité des normativités en jeu peut-on imaginer dans un contexte de généralisation du "contrôle automatique et à distance" ?
- Quel peuvent être les modes d’interaction légitimes entre droit et technologie ?


Responsable du comité éditorial :

Centre Perelman de Philosophie du Droit de l’Université libre de Bruxelles
CP 132 - Av. F. D. Roosevelt 50 - 1050 Bruxelles
Tel. 02/650 38 84 - Fax 02/650 40 07 - e-mail